Prendre rendez-vous en ligne
Prendre rendez-vous en ligne

UNE TECHNIQUE OPÉRATOIRE PEUT-ELLE ENGAGER LA RESPONSABILITÉ DE L’HÔPITAL ?

Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Droit de la fonction publique > UNE TECHNIQUE OPÉRATOIRE PEUT-ELLE ENGAGER LA RESPONSABILITÉ DE L’HÔPITAL ?
Le 30 janvier 2026
UNE TECHNIQUE OPÉRATOIRE PEUT-ELLE ENGAGER LA RESPONSABILITÉ DE L’HÔPITAL ?
Le choix d’une méthode chirurgicale n’est pas neutre juridiquement. Une récente décision rappelle que l’hôpital peut voir sa responsabilité engagée lorsqu’une technique plus risquée est retenue alors que des alternatives existaient.

CAA Paris, 9 janvier 2026, Assistance publique - Hôpitaux de Paris, n° 24PA03060

Le choix d’une technique opératoire relève-t-il toujours de la liberté médicale ?

En principe, le praticien dispose d’une liberté dans le choix de la technique opératoire, notamment en l’absence de recommandations des sociétés savantes. Toutefois, cette liberté n’est pas absolue.
La cour administrative d’appel de Paris rappelle que le choix d’une technique peut devenir fautif s’il n’est pas adapté à la situation particulière du patient. En l’espèce, deux méthodes chirurgicales étaient possibles pour traiter une sténose lombaire. Or, l’une d’elles présentait des risques accrus de lésions radiculaires, connus du chirurgien, compte tenu de l’état du canal lombaire de la patiente.
Ainsi, même lorsqu’une technique est couramment utilisée et non interdite, elle peut engager la responsabilité de l’établissement public de santé si elle expose inutilement le patient à un danger plus élevé.

Comment la faute médicale est-elle caractérisée par le juge administratif ?

Le juge s’appuie sur une analyse concrète et individualisée de la situation médicale. Dans cette affaire, les expertises ont montré que l’utilisation du ciseau à frapper, plus traumatisante, était inadaptée à l’état de Mme D., dont les racines nerveuses étaient particulièrement fragilisées.
La cour relève que l’AP-HP n’a pas démontré que cette technique était la plus appropriée dans ce cas précis, contrairement aux méthodes alternatives moins risquées disponibles. La faute est donc caractérisée, dès lors que le dommage subi par la patiente est directement et exclusivement lié au choix de cette technique opératoire.
Cette décision illustre l’importance, pour les établissements publics de santé, de justifier leurs choix thérapeutiques et, pour les victimes, de se faire accompagner afin de faire reconnaître leurs droits à indemnisation.

Dans le cadre du contentieux en matière de responsabilité médicale et hospitalière, le Cabinet Lapuelle est disponible pour vous accompagner.

Vous pouvez également trouver sur le lien suivant, de nombreux modèles de courriers, notes juridiques et guides en matière de droit public général, qui sont à votre disposition sur le site Lapuelle Juridique.

Pour toute autre question, vous pouvez contacter votre cabinet juridique ou prendre rendez-vous.